Ils commencent à en parler un peu aux infos en France. Après Durban, à l'est du pays, c'est au tour de Johannesbourg d'être touché par cette vague de violence contre les étrangers. Les magasins sont pillés, et entre 6 et 15 personnes ont été tuées depuis le début du mois.
Alors déjà, quand je dis "étrangers", il faut préciser : cela ne touche pas Pretoria, ni les quartiers d'expats de Johannesbourg. Ce sont uniquement les immigrés africains qui sont ciblés, et tout se passe dans les quartiers défavorisés (voir plus bas). Toujours est-il qu'on suit ça de près, car c'est triste d'en arriver là.
Plus particulièrement, ce sont les magasins tenus par des étrangers qui sont pillés. Les propos du roi zoulou Goodwill Zwelithini, qui a appelé les étrangers à rentrer chez eux, ont mis le feu aux poudres. Les commerces appartenant à des étrangers originaires d'Ethiopie, du Zimbabwe, du Niger et du Malawi ont été incendiés par des Sud-Africains. Malgré l'intervention de la police à Durban et à Johannesbourg, plusieurs personnes ont perdu la vie lors des émeutes.
Le taux de chômage est de plus de 25% en Afrique du sud. Pas loin du double chez les jeunes. Les bidonvilles sont peuplés d'une jeunesse sans grand avenir... La concurrence entre commerçants locaux et étrangers, accusés de voler le travail des Sud-Africains a dégénéré. (extrait du JT de canal+ d'hier soir)
En réponse, les autorités malawiennes et zimbabwéennes ont annoncé leur intention de
procéder au rapatriement de plusieurs centaines de leurs ressortissants.
Des "camps de réfugiés" (c'est dingue de devoir employer ce terme,
mais c'est bien de ça dont il s'agit) ont été installés en marge de
Durban, pour quelques 5000 personnes qui ont fui leurs maisons du fait des pillages.
La pression diplomatique s'accentue pour éviter un bain de sang comme en 2008. Le président J.Zuma a annulé son déplacement pour rejoindre les camps et y prendre la parole. Ses propos sont plutôt apaisants "Aucun degré de frustration ou de colère ne peut justifier des attaques
contre des ressortissants étrangers ou le pillage de leurs magasins. Nous allons sans aucun doute mettre fin à cette violence. Même ceux qui veulent rentrer chez eux
doivent savoir que quand nous aurons stoppé la violence, ils sont les
bienvenus pour revenir"
Il y a sept ans, des événements similaires avaient fait une soixantaine de
victimes. Depuis, les violences de ce genre sont
récurrentes en Afsud, qui accueille 2 millions d'émigrants africains officiellement recensés et de nombreux
réfugiés et sans-papiers. Ces troubles reflètent les
frustrations de la majorité noire du pays, toujours privée d'accès à une
école de qualité, à des salaires décents ou à l'emploi tout court.
Jeudi, les autorités avaient organisé une grande marche pacifique pour dire nos aux actes xénophobes. Mais le roi zoulou n'y était pas. Enfin pour finir sur une note positive : cela fait maintenant trois jours de suite que le calme est revenu à Durban. Ouf.

